Bien…
Comme chacun sait, je suis coureur cycliste, pas
coureur de fond. Donc, mon avis est à prendre avec des pincettes et ce n’est
que mon opinion sur quelque chose d’assez nouveau pour moi, basée sur mon
ressenti après deux séances de course à pied seulement, et sur une assez faible
distance.
Je vais quand même mettre mon grain de sel dans la
polémique (parce que je suis comme ça :0) ) sur la façon idéale de courir
en général et sur l’appui du pied en particulier.
A ne prendre en aucun cas pour une vérité scientifique.
Tout est parti de la foulée de Mouna que je trouvais
lourde et peu efficace en comparaison avec celle d’autres coureurs. Après
discussion, visionnage de vidéos et recherches diverses, nous avons, elle comme
moi, été convaincus par tout un tas de spécialistes, de conférenciers, de
coachs, qui expliquaient que la réception sur l’avant du pied était LA solution pour gagner en légèreté, en
impulsion, et donc en vitesse.
On nous donnait l’exemple du trotteur en nous assurant
que le mouvement des antérieurs du cheval était la panacée en terme
d’efficacité.
Bon, moi je veux bien…Sauf que le cheval est un
quadrupède et que, selon moi, ce sont les postérieurs de l’animal qui donnent
la poussée et donc la « suspension », le rôle des antérieurs ne se limitant
quasiment qu’à la traction.
Mais tout ça est très théorique. Dans la pratique, fort
de mes diverses lectures et visionnages, je me suis lancé, la semaine dernière, dans ma première séance de course à pied.
Première séance assez courte (environ 2.5 km) durant
laquelle j’ai appliqué à la lettre les conseils glanés sur le net… Avec un
certain succès je dois dire. La sensation de légèreté aérienne est bien là
quand on s’applique à « rebondir » sur l’avant du pied. Et, sur une
distance aussi courte, je n’y ai trouvé que des avantages.
En moins de trois kilomètres, je me suis converti en un
défenseur inconditionnel de cette technique. Même si, dans mon subconscient,
une petite voix me disait que Mère Nature n’avait pas conçu le talon humain
sans y réfléchir plus que ça.
Je me suis
même trouvé des justifications mécaniques relatives à l’amortissement par les
articulations de l’avant du pied, puis de la cheville et enfin du genou alors
qu’avec la technique inverse, celle de la réception sur le talon, seul le genou
est en mesure de fléchir et donc d’amortir le choc.
Hors sujet.
Je ne cherchais pas à amortir la foulée de Mouna, mais
bien à lui donner de l’impulsion.
Mais bon,… j’étais convaincu.
Seconde séance de course à pied hier. Plus longue
(environ 5 km). Donc, application, dès le début, de la technique du médio-pied
et, très rapidement, une sensation d’inconfort au niveau de l’articulation des
orteils, stress important au niveau des chevilles et de manque de puissance
dans la poussée.
J’ai fini la séance en revenant à la réception sur le
talon avec une certaine déception. Mais, en même temps, avec des doutes sérieux
sur l’efficacité de ce que je faisais faire à ma partenaire d'entrainement.
Pour finir de semer le trouble dans mon esprit, Mouna a
eu un échange le jour même avec son podologue (accessoirement podologue pour des athlètes de très haut niveau) qui lui a
spécifié que la méthode la plus naturelle, et donc la plus efficace, car moins
traumatisante sur la durée, était bien la course traditionnelle avec réception
sur le talon.
Pourtant la foulée de Mouna est indiscutablement plus
légère ces derniers temps.
Alors ?
Alors,…
- - Elle
a pris conscience du fait qu’elle devait absolument alléger son geste et donc
elle y prête une attention particulière ;
- - Nous
avons travaillé spécifiquement en faisant tout un tas d’exercices visant à
tonifier ses mollets et ses quadriceps ;
- - Elle
a exécuté un nombre incalculable de sprints en s’appliquant à aller chercher
loin devant et en levant les genoux au maximum
En gros, elle en a sué des ronds de chapeau…
Et donc, si ses progrès étaient dus au travail effectué
et non à la fameuse technique ?
Par ailleurs, et même si je ne suis que mécanicien (et
pas bio-mécanicien), il me semble qu’en se recevant sur l’avant, au moment de
l’impulsion, le genou est encore en arrière du pied d’où, toujours selon moi,
une perte de puissance notable car le poids du corps est en retrait par rapport
au point de poussée.
Par contre, avec la réception sur le talon, le pied
bascule en même temps que le corps avance et, au moment de l’impulsion, le
centre de gravité est en avant de l’appui. La jambe peut alors agir comme un
ressort tendu et bénéficier de l’élasticité procurée par l’ensemble des
articulations.
Voila,…
Ce n’est que mon avis et il ne vaut peut-être pas
grand-chose.
Mais, sur les conseils du podologue, nous allons
maintenir tout un tas d’exercices visant à donner du ressort aux jambes de
Mouna, réception sur l’avant du pied y compris. Mais, pour la foulée proprement
dite, nous allons laisser Mère Nature s’exprimer.
Voilà, voilà…
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… n’est-ce
pas ?